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À SES TOURMENTEURS |
septembre 2009
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Cette affaire passera aux yeux de certains pour anodine. Nous lestimons grave, parce ce quelle trahit la dégradation de lenvironnement des Français, quand ils nappartiennent pas à la catégorie des « gens influents » et des privilégiés. Le 16 juillet 2009, Christopher Morancay était jugé par le tribunal correctionnel de Blois pour « dégradation dun bien appartenant à autrui », « vol en réunion » et « falsification de chèques ». Résidant dans la commune de Mondoubleau (Loir et Cher), âgé de 69 ans, Michel Brebion, la victime, subissait les menaces, sévices, violences et vols de ses voisins depuis le mois de juin 2007. Homme simple et généreux, pour améliorer son quotidien, il continuait dexercer son métier de jardinier, offrant ses services alentour. Il avait même prêté de largent à ses tourmenteurs. Il est impossible de dresser la liste des incidents qui ont émaillé les deux ans de calvaire subis par Brebion. Il a néanmoins déposé une trentaine de plaintes à la gendarmerie. Il a signalé ses clés un moment disparues, de largent liquide et plusieurs chèques dérobés puis utilisés chez des commerçants. Il a aussi fait état de la destruction de sa voiture à laide dun tracteur, dans le garage où il garait celle-ci. Elle a dû être envoyée à la casse. Sans parler des coups et de langoisse de voir surgir ses tourmenteurs chez lui à nimporte quelle heure. Pourtant, aucune mesure véritable na été prise par lautorité. Certes, en août 2008, les services sociaux de Blois ont « recommandé » lexpulsion des membres de la famille Hette, complices actifs de Christopher Morancay, qui est leur neveu. Chargé de lexécution de la demande des services sociaux, le maire de Mondoubleau, Jean Léger, sétant dépêché... dattendre, un an plus tard rien nétait fait. Cela ne lempêchait pas de déclarer le 11 juillet dernier (2009) devant la presse : « Nous faisons tout pour protéger M. Brebion et le sortir de cette situation. Cest une victime idéale... » On reconnaît là le comportement de trop délus qui nous abreuvent de mots et ninterviennent que contraints et forcés.Acculé, quand on pouvait craindre le pire pour Brebion, le propriétaire de son logement prit linitiative de mettre son locataire à labri. Il linstalla où il pouvait : dans un local privé du mini-mum vital en attendant une solution. Ulcérée par linjustice de cette situation, une voisine décida dintervenir. Sarmant de courage, elle mobilisa le voisinage et, pour secourir Brebion, créa « lAssociation de la rue des Poilus ». Un nom prédestiné qui sent la résistance à liniquité et la fierté retrouvée. Puis, se saisissant de sa plume, elle écrivit au député, Maurice Leroy, et au maire. Enfin, elle alerta une association de défense des victimes. Certes, elle ne sexprimait pas dans les termes lissés auxquels sont habitués nos hommes politiques. Mais elle parlait avec son coeur et si tous les Français mettaient la même fougue dans leur exigence de justice, la France serait autrement mieux gouvernée. Puis vint le jour du procès. Étrange-ment, quand laccusé fut assigné à comparaître, entre autres, pour un délit commis « en réunion », il était seul cité dans la convocation du tribunal. A croire quen matière judiciaire lon peut, en France, se réunir tout seul. Autre bizarrerie, celle-ci, hélas ! Trop courante, Christopher Morancay ne se présenta même pas au tribunal. En raison de son « pedigree », la gendar-merie et la Justice avaient pourtant des raisons de se montrer prudentes : âgé de 20 ans, le jeune homme a déjà été condamné à quatre reprises. « Il était également poursuivi pour cambriolage et le vol dun ordinateur à la gare TGV de Vendôme », signalait le journal local, « La Nouvelle République ». Récidiviste, il ne pouvait échapper cette fois à la prison ferme. Si le ministère public a requis une peine de 18 mois de prison, dont six avec sursis, le tribunal a décidé dune incarcération de quinze mois ferme et accordé 400 de dommages et intérêts pour la victime. La mise sous les verrous nous apparaît largement méritée, nous sommes cependant surpris de la modicité des réparations accordées. 400 apparaissent en effet bien peu quand une voiture a été détruite, des chèques volés et falsifiés, environ 400 dérobés de diverses manières, des coups infligés et la tranquillité dun homme perturbée pendant plus de deux ans. Mais il y a plus grave. Nous nous étonnons du manque de réactivité du pouvoir exécutif et de la gendarmerie. À ne pas avoir agi pour préserver la sécurité dun homme victime de persécutions répétées, les autorités ne sont-elles pas coupables de non-assistance à personne en danger ? Labandon de Michel Brebion à ses tourmenteurs nous donne à penser que nous ne sommes pas tous égaux en droit.
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Un autre cas
Réaction |
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