La Défense française en péril

octobre 2011

Le 5 juillet 2011, sur RTL, Hervé Morin a annoncé le risque d’effondrement de la Défense française à partir de 2013.

Devant le journaliste Jean-Michel Apathie, l’ancien ministre de la Défense a dit : « Nos compatriotes doivent avoir en tête qu’ils auront rendez-vous avec l’Histoire en 2013... Parce qu’à la fin de l’année 2012, le budget de la Défense est construit sur un certain nombre de recettes exceptionnelles, la vente d’immobilier, la vente de (NDLR : incompréhensible) qui appartiennent aux armées, vont se terminer. A ce moment, soit la France devra faire l’effort nécessaire pour que nous restions une puissance militaire, soit la France déclinera et connaîtra le même sort que la plupart des armées européennes. Ce que nos compatriotes doivent savoir, c’est qu’une opération militaire comme celle de la Libye, qui n’est pourtant qu’une opération aérienne certes importante, nous ne pourrions pas la mener sans les Américains. Parce que nous n’avons pas les avions ravitailleurs suffisants, nous n’avons pas les moyens d’observation suffisants... Notre système s’effondrerait si nous ne mettons pas les moyens nécessaires à partir de 2013. C’est une question d’indépendance et de souveraineté. C’est un débat majeur de la Présidentielle. J’ajoute qu’il y a quel-que chose que nos compatriotes doivent avoir profondément inscrit en eux-mêmes. C’est que les Européens doivent être en situation d’assurer leur sécurité par eux-mêmes. Que le déclin, le renoncement européens nous amènent à être progressivement dans les mains des Américains... »

Petit bémol à cette envolée patriotique, la France a effectué des coupes sombres dans le budget de la Défense quand Morin était ministre. C’était le moment de monter au créneau.

L’effondrement de notre Défense en cas d’attaque de nos satellites

Dans Xenophon, les cahiers d’Épée *, le colonel Jean-Luc Lefebvre souligne les faiblesses des armées, en général, plus particulièrement de la nôtre, si nos réseaux de satellites se voyaient mis hors d’usage.

En effet, sans satellites, nos télévisions, nos communications, notre couverture de prévision météo, la circulation aérienne, la navigation assistée etc... plus rien ne fonctionnerait. Aveugles, coupées des donneurs d’ordres, nos armées seraient rivées au sol. Lefebvre appelle à une évaluation de notre « résilience » à la cessation de fonctionnement de nos satellites, par exemple à la suite d’une attaque dirigée contre eux. En d’autres termes du degré de dépendance de nos armées des réseaux de satellites. Certes, on connaît la méthode : il faudrait utiliser des systèmes et des méthodes aujourd’hui déclassés ou quasi tombés en désuétude, comme la lecture de cartes papier. « Il n’est pas inutile, remarque-t-il, de continuer à imprimer des cartes et à apprendre à s’orienter avec une boussole (...) Si on ne le fait pas, continue-t-il, dans une vingtaine d’années, et pour prendre ce seul exemple, toute une génération, devenue spatiodépendante, sera à la merci de la moindre défaillance accidentelle ou provoquée des systèmes spatiaux ». L’auteur conclut qu’il convient d’apprendre « à se passer de tout soutien spatial, au moins pour ce qui concerne les fonctions vitales d’un État ».

*Société française de conseil en intelligence stratégique, Épée est dirigée par le colonel Jacques Hogard, ancien de la Légion étrangère et des Forces spéciales.

Centre de Recherches sur le terrorisme depuis le 11 septembre 2001
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